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Les spécialités du
Bac général

Les spécialités du Bac général.

En 2021 seront diplômés les premiers bacheliers du nouveau bac général. Mais comment choisir ses spécialités ? En première puis en terminale…
Les élèves de première et terminale sont appelés depuis 2019 à choisir trois spécialités de quatre heures chacune (réduites à deux de six heures chacune en terminale) parmi les douze proposées. En terminale les choix s’affinent et les élèves abandonnent une des deux spécialités choisies en première. Dans tous les cas cela permet de passer de 4 heures à 6 heures par semaine pour les deux spécialités conservées. Les élèves peuvent ainsi effectuer un choix progressif en fonction de leur projet pour l’enseignement supérieur. L’élève abandonne une spécialité en fonction de son projet et, dans le cas des mathématiques, peut arrêter tout en prenant une option mathématiques complémentaires.

Comment choisir ses spécialités ?

Le nouveau bac général compte 13 spécialités que nous te proposons de découvrir ici
Le choix définitif a lieu lors du dernier conseil de classe de l’année mais il faut commencer à y penser bien avant. Dès le deuxième trimestre de l’année de seconde les familles qui souhaitent voir leur enfant poursuivre ses études en première générale sont invitées à préciser des souhaits d’enseignements de spécialité que l’élève suivra en classe de première sur la « Fiche dialogue ». Cette première formalisation des souhaits de l’élève et de sa famille les amène à lister quatre enseignements de spécialité retenant leur intérêt, parmi l’offre proposée dans leur lycée. Cette liste est portée à cinq dans le cas où la liste comporte un enseignement de spécialité dispensé dans un autre établissement.
Les souhaits de spécialités mentionnés par les familles sur la « Fiche dialogue » font l’objet de recommandations du conseil de classe du deuxième trimestre. Tout au long du troisième trimestre, le dialogue entre les familles et l’équipe éducative sur le projet et les compétences de l’élève vise à affiner le choix de trois enseignements de spécialité qui sera fait par la famille au dernier trimestre de la classe de seconde. C’est elle qui a le dernier mot et la première conséquence en a été une baisse des effectifs dans les classes technologiques (4% pour l’année 2019-2020 et jusqu’à 13% en STI2D) au profit des classes générales du lycée. Les élèves qui choisissent leurs enseignements de spécialité parmi ceux proposés dans leur établissement sont prioritaires.
Si dans un grand lycée il est possible d’ouvrir la plupart des spécialités beaucoup de lycées ont donc dû demander à leurs élèves de seconde de choisir parmi un menu réduit. Nulle part le choix ne se fait « à la carte ». Parfois il faut parfois se rendre dans un autre lycée pour suivre des spécialités qu’il serait trop onéreux pour tous les lycées d’ouvrir partout faute d’un nombre suffisant d’élèves. Et de professeurs ! On estime que neuf lycées sur dix sont en mesure de proposer à leurs élèves au moins les sept principaux enseignements de spécialité : mathématiques, physique chimie, Sciences de la vie et de la Terre, sciences économiques et sociales, histoire-géographie - géopolitique et sciences politiques, humanités-littérature-philosophie et langues-littératures et cultures étrangères et régionales. C’est-à-dire que quatre spécialités (ne comptons pas la spécialité « biologie – écologie » uniquement proposée dans les lycées agricoles) sont identifiés comme «rares» : langues et cultures de l’Antiquité, numérique et sciences informatiques, arts, sciences de l’ingénieur.
Si l’élève opte pour une spécialité « rare » (langues et cultures de l’Antiquité, numérique et sciences informatiques, arts, sciences de l’ingénieur) qui n’est pas enseignée dans son lycée il doit changer d’établissement. Les demandes de sont examinées dans le cadre d’une commission départementale après affectation des élèves scolarisés dans l’établissement. Il faut donc espérer que des places sont vacantes.
En second un élève peut formuler jusqu’à deux vœux portant sur un enseignement de spécialité « rare » non dispensé dans son lycée (dont au moins un vœu dans le lycée situé dans la zone dont il relève. En cas de vœu dans un lycée hors de sa zone, il doit indiquer sur le dossier de candidature le motif de dérogation et joindre les justificatifs. Sur son dossier de candidature, l’élève doit également faire figurer des vœux d’enseignements de spécialité au sein de son établissement pour le cas où sa demande de changement d’établissement ne serait pas satisfaite. Attention : la réponse définitive n’intervient pas avant début juillet de l’année de seconde.
Il est théoriquement possible de changer d’avis sur ses spécialités pendant l’année ou entre la première et la terminale sur avis du conseil de classe. Mais c’est très exceptionnel et doit être motivé par des motivations très fortes. Changer de spécialité après une année revient en effet à devoir reprendre une année complète de cours. La décision est prise par le chef d’établissement après avis de l’équipe pédagogique, du professeur principal et du conseiller d’orientation psychologue.
L’objectif de la réforme du bac est de laisser les élèves choisir parmi les spécialités proposées en leur garantissant que les établissements d’enseignement supérieur ne limiteront pas leurs chances de les intégrer. Réunies la Conférence des présidents d'université (CPU), la Cdefi (Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieur), la Conférence des Grandes écoles (CGE) et l’Association des proviseurs de lycées à classes préparatoires aux Grandes écoles (APLCPGE) ont ainsi signé en 2019 une charte visant à ouvrir le champ des possibles en termes de spécialités. Les écoles d'ingénieurs promettent ainsi de ne pas se limiter à la seule combinaison de spécialités mathématiques et physique-chimie. Sciences Po promet de ne favoriser aucune spécialité. Les écoles de commerce postbac de ne pas exiger la spécialité mathématiques. Les classes préparatoires économiques et commerciales d’admettre des élèves n’ayant suivi la spécialité mathématiques qu’au moins une des deux années, etc.
Pour parvenir à recevoir des élèves ayant opté pour un plus large choix de spécialités que ne le faisaient ceux de l’ancien bace avec les trois filières ES, L et S, les établissements d’enseignement supérieur postbac réforment une partie de leur cursus. En première année les écoles d'ingénieurs postbac proposeront ainsi aux étudiants n’ayant pas forcément suivi une spécialité, jugée partout utile dans l’enseignement supérieur, des cours supplémentaires. Même chose dans les cursus de licences scientifiques.
Mais attention : dans la mesure où ces établissements sont sélectifs les concours le resteront. Il est quasiment impossible d’envisager entrer dans une école d'ingénieurs postbac sans un bon niveau en mathématiques. Et si les universités ne sont pas sélectives, difficile pour autant d’espérer y réussir son cursus dans les licences scientifiques sans un bon niveau en mathématiques, physique-chimie ou sciences de la vie et de la Terre (SVT) selon la licence envisagée.
En première le choix des trois spécialités, les « triplettes », permet d’opter pour deux spécialités clairement liées à l’orientation future et pour au moins une spécialité « à l’essai » histoire de valider ou non un intérêt particulier pour la matière. En somme plutôt deux spécialités de « raison » et une de « cœur » mais qui peut parfois s’imposer en terminale. De plus en plus suivies en première les sciences économiques et sociales (SES) se révèlent une spécialité assez largement abandonnée à l’heure du choix des « doublettes » de terminale.
A l’heure d’entrer en terminale il faut bien abandonner une spécialité pour constituer sa « doublette ». La doublette la plus fréquemment choisie est « mathématiques, physique-chimie », par 20% des élèves. Mais bien d’autres sont possibles en fonction de son orientation future.
Oui en Non. Oui et deux fois oui si vous voulez intégrer un enseignement scientifique dans l’enseignement supérieur. Non si ce n’est pas le cas : nous ne sommes plus dans la disposition d’esprit de choisir une filière S uniquement parce que les meilleurs élèves s’y trouvent, quitte à rejeter les mathématiques et la physique-chimie une fois dans l’enseignement supérieur. Mais attention : si vous ne suivez pas la spécialité mathématiques en première cela signifie également que vous abandonnez tout enseignement des mathématiques puisqu’elles ne font pas partie du tronc commun.
Il faut aussi être bien conscient que la spécialité mathématiques est du niveau de celle de l’ancien bac S. C’est-à-dire bien plus exigeante que les mathématiques que suivaient les bacheliers ES. D’où un fort taux d’abandon (27%) constaté à l’entrée en terminale S cette année au profit de l’option « mathématiques complémentaires ». En résumé : choisissez la spécialité mathématiques en première pour garder un large choix d’orientation après le bac mais ne la conservez en terminale que si vous êtes bien décidé à suivre une filière scientifique ensuite. Sinon l’investissement en temps et énergie risque de ne pas être rentable.