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La classe préparatoire Lettres et sciences sociales (B/L)

Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) littéraires – appelées « hypokhâgne » et « khâgne » - préparent aux concours d’entrée dans les écoles normales supérieures (ENS) mais aussi dans les écoles de management. Pour autant la plupart de leurs élèves poursuivent leurs études à l’université faute de réussir les concours ultra sélectifs des ENS.

Les classes préparatoires littéraires

Deux ans, parfois trois, pour tenter les concours d’entrée dans les grandes écoles, c’est le schéma général des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). Dans ce cadre un peu plus de 85 000 élèves sont inscrits dans les classes préparatoires dont 12 000 environ dans les classes préparatoires littéraires (dont 75% de filles) et 1 100 en prépas Lettres et sciences sociales. Des classes préparatoires exigeantes dont l’accès est sélectif et qui préparent aussi bien aux concours des Écoles normales supérieures (ENS), que de l'École nationale des chartes (ENC), des écoles de commerce, des instituts d'études politiques (Sciences Po), des écoles de journalisme, etc.

Les classes préparatoires littéraires sont divisées en :
  • ENS Lettres (A/L ou « Lettres »)
  • Lettres Ulm (en 2ème année des ENS Lettres) ;
  • Lettres Lyon (en 2ème année des ENS Lettres) ;
  • Lettres et sciences sociales (B/L) ;
  • Chartes ;
  • Arts et design ;
  • Saint-Cyr Lettres.

Les « attendus » publiés sur Parcoursup précisent qu’il importe pour réussir dans les classes préparatoires littéraires B/L de :
  • s’intéresser aux disciplines des humanités, aux sciences économiques et sociales, aux mathématiques ainsi qu’aux croisements entre ces différentes disciplines ; 
  • disposer d’un bon niveau de connaissances en mathématiques, en sciences économiques et sociales (le cas échéant) et dans les disciplines des humanités: lettres, langues, philosophie, histoire-géographie. Ce niveau peut être attesté par les résultats obtenus en première, à l’épreuve anticipée de français et au cours de l’année de terminale ;
  • posséder des aptitudes à un travail approfondi et des capacités d’organisation ;
  • montrer des qualités de réflexion, d’argumentation et de rédaction et être apte à mener des raisonnements rigoureux.

Les spécificités de la classe préparatoire Lettres et sciences sociales (B/L).

Cette classe préparatoire recrute des élèves excellents dans toutes les disciplines, à la fois en mathématiques et en lettres. L’idéal est donc d’avoir suivi aussi bien la spécialité « Mathématiques » que « Humanités, littérature et philosophie » en terminale mais d’autres combinaisons sont possibles à condition de ne pas totalement abandonner les mathématiques.

Ces classes préparatoires préparent essentiellement aux concours d’entrée de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm à Paris, de l'École normale supérieure Lettres et sciences humaines de Lyon (concours B/L) et de l'École normale supérieure de Paris-Saclay. Mais il est également possible de tenter les concours des Grandes écoles de commerce. Et bien sûr de poursuivre un cursus à l’université.

Postuler

Plus de 1100 classes préparatoires sont ouvertes en France dans près de 450 lycées dont un peu plus de 80 privés. Différents palmarès (Le Figaro Etudiant, l’Etudiant, Challenges) établissent quels sont les lycées et les classes les plus adaptés pour chaque projet.

Ensuite Parcoursup est le canal incontournable pour postuler en classe préparatoire. Les CPGE y sont regroupées à l’échelle nationale ce qui signifie que postuler un type de classe préparatoire correspond à un vœu et que chacun des établissements demandés ensuite est sous-vœu (10 sous-vœux sont possibles au maximum). De même postuler la même CPGE d’un même établissement avec et sans hébergement en internat vaut un seul sous-vœu. Il est donc possible de postuler jusqu’à vingt établissements différents avec seulement deux vœux. 

Comme pour la grande majorité des formations, l’admission se fait sur dossier. En se référant aux bulletins de première et de terminale comme la « fiche avenir », les lycées recherchent avant tout à recruter des élèves complets : pas question d’intégrer une très bonne prépa en privilégiant seulement les mathématiques et la physique au détriment de toutes les autres matières. De même, autant qu’aux notes c’est au classement de l’élève dans sa classe, à la valeur de la classe comme à celle du lycée que vont s’intéresser les classes préparatoires. Elles ont d’ailleurs été celles qui ont le plus milité pour que ces informations restent publiées sur Parcoursup alors que les noms des candidats ont pour leur part été anonymisés.

Quelles spécialités du bac général ?

Jusqu’à présent les classes préparatoires littéraires avaient la particularité d’attirer plus les meilleurs élèves en général que les meilleurs élèves de la série L (littéraire) en particulier. Beaucoup d’élèves issus de la filière scientifique y faisaient donc leur entrée et avaient souvent les meilleurs résultats. Tout change avec la réforme du bac puisqu’on ne voit pas vraiment pourquoi des élèves auraient passé deux années à suivre la spécialité « Mathématiques » pour entrer en classe préparatoire littéraire si on excepte les classes préparatoires Lettres et sciences sociales (B/L).

Hors classes préparatoires B/L ce sont donc plutôt des spécialités des sciences humaines qui seront à l’honneur et au premier chef « Humanités, littérature et philosophie ». Selon la classe préparatoire recherchée un bon mixte peut être d’y ajouter « Langues, littératures et cultures étrangères et régionales », « Langues et cultures de l’Antiquité », « Arts » ou encore « Histoire-géographie–géopolitique et sciences politiques ». Beaucoup de triplettes de première et de doublettes de terminale sont envisageables.

NEWS - Comment choisir ses spécialités pour intégrer une classe préparatoire littéraire, interview de Damien Framery et Nicolas Thibault

Si elles ne sont pas directement impactées par la réforme du bac général, les classes préparatoires littéraires n’en doivent pas moins reconsidérer leur recrutement en fonction des nouvelles spécialités. Les explications de l’association qui réunit l’ensemble des associations de professeurs de classe préparatoires littéraires, l'APPLS, représentée par son président et son vice-président : Damien Framery et Nicolas Thibault.
Encore plus d’informations sur le site de l’APPLS : www.prepalitteraire.fr 
 
Olivier Rollot : Qu’est-ce que la réforme du bac général change pour les classes préparatoires littéraires ?
Damien Framery : Elle n’a pas véritablement eu d’impact dans la mesure où nous recrutions dans toutes les filières du bac général. De plus le tronc commun du bac général est largement consacré aux disciplines littéraires et SHS (sciences humaines et sociales) ce qui convient très bien aux CPGE littéraires. 
 
O. R : Quel type de spécialités s’imposent pour intégrer les classes préparatoires littéraires avec le nouveau bac ?

Nicolas Thibault : Du fait du tronc commun du lycée général, il n’y a pas de prérequis en A/L. En B/L, il est nécessaire d’avoir suivi la spécialité Mathématiques en première et de suivre soit la spécialité Mathématiques soit l’option Mathématiques complémentaires en terminale.

Sans être un prérequis, toutes les spécialités du domaine des lettres et des SHS sont une bonne préparation, que ce soit Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (HGGSP), Humanités, littérature et philosophie (HLP), Langues, littératures et cultures étrangères et régionales (LLCER), Littérature, langues et cultures de l’Antiquité (LLCA), auxquelles s’ajoutent pour la filière A/L les spécialités artistiques et pour la filière B/L les Sciences économiques et sociales (SES). Nous ne faisons pas de hiérarchie entre toutes ces spécialités.

Les enseignements facultatifs peuvent aussi constituer un bon signal. Ce que nous attendons des candidats, c’est une cohérence dans leurs choix et d’aimer nos disciplines.

O. R : La création des spécialités a bouleversé la notion de classes. De quels éléments disposez-vous cette année pour sélectionner vos élèves ?

NT : Nous souhaitions conserver la notion de rangs des élèves dans la classe et cela va être possible, en tronc commun et par groupes de spécialités. De plus nous devrions encore connaître le lycée d’origine, ce qui est indispensable pour sélectionner nos élèves de façon efficace : chaque CPGE connait bien son bassin de recrutement.

O. R : Les écoles normales supérieures (ENS) recrutent très peu d’étudiants. A quoi mènent aujourd’hui les classes préparatoires littéraires ?

D. F : Parmi les 5000 à 6000 candidats que nous préparons chaque année aux concours les ENS sont effectivement une petite porte de sortie en nombre. Mais depuis 11 ans la BEL (Banque d’épreuves littéraires) a permis d’élargir les débouchés aux grandes écoles de commerce et management, de communication ou encore à Saint-Cyr. Aujourd’hui ce sont un quart de nos élèves qui intègrent l’ensemble de ces écoles. 

N. T. : Il est ainsi tout à fait possible d’intégrer une école de commerce sans avoir suivi d’enseignement de mathématiques après le bac. Quand on pose la question de savoir pourquoi il n’y a pas de classe préparatoire économiques et commerciale sans enseignement des mathématiques, la réponse est simple : nos classes assurent également ce rôle. Et singulièrement les classes préparatoires A/L qui sont pluridisciplinaires et très bien adaptées au profil que recherchent les écoles de commerce et management.

O. R : 75% de vos étudiants vont à l’université. Il n’y a plus aujourd’hui aucun problème d’équivalences ?

D. F : Ils vont à l’université mais aussi dans de Grandes écoles qui ne font pas partie du concours BEL comme l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales) ou Sciences Po. Depuis que les classes préparatoires sont conventionnées avec des universités – c’est-à-dire avec au moins une université - il n’y a plus de soucis d’équivalences. Après deux années de classes préparatoires l’intégration en troisième année de licence est très fluide. Les parcours sont sécurisés.

Le seul cas qui peut poser problème est celui d’élèves qui sont restés trois ans en classe préparatoire. Certaines universités demandent alors que les étudiants aillent en troisième année de licence quand d’autres les admettent directement en master. Avec la réforme du master certaines universités ont en effet une politique d’accueil restrictive. D’autant qu’elles doivent réserver des places en master à tous leurs étudiants titulaires d’une licence.