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La classe préparatoire MP2I - MPI (Mathématiques, physique et informatique)

Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) scientifiques préparent aux concours des Grandes écoles d'ingénieurs et des écoles normales supérieures (ENS). Consacrée aux mathématiques à la physique mais surtout à l’informatique, la classe prépa MPI voit le jour à la rentrée 2021. Elle est destinée aux bacheliers généraux.

Les classes préparatoires scientifiques

Deux ans, parfois trois, pour tenter les concours d’entrée dans les grandes écoles, c’est le schéma général des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). Dans ce cadre un peu plus de 85 000 élèves sont inscrits dans les classes préparatoires dont 50 000 environ dans les classes préparatoires scientifiques. Des classes préparatoires exigeantes dont l’accès est sélectif.

Les classes préparatoires scientifiques sont divisées en :
  • huit voies en première année (MP-SI, PC-SI, PT-SI, BCPST, TSI, TPC, TB et la toute nouvelle MPI) ;
  • huit voies en seconde année (MP, PC, PSI, PT, BCPST, TSI, TPC,TB et MPI) dont des classes étoilées (*) qui ont un particulièrement bon niveau ;
  • la voie ATS réservée aux étudiants titulaires d'un BTS (durée de formation : un an).

Les « attendus » publiés sur Parcoursup précisent qu’il importe pour réussir dans les classe préparatoires scientifiques de :
  • s’intéresser aux domaines des mathématiques et des sciences ainsi qu’aux démarches associées (analyse, modélisation, résolution de problème, expérimentation et communication) ;
  • disposer de compétences dans les disciplines scientifiques. Ces compétences peuvent être attestées notamment par les résultats obtenus en première et au cours de l’année de terminale en mathématiques, physique-chimie et, le cas échéant, en sciences de l’ingénieur ou en informatique ;
  • posséder des aptitudes à un travail approfondi et des capacités d’organisation ;
  • disposer de compétences de réflexion, d’argumentation et d’expression, écrites et orales, attestées par les résultats dans les classes de première et de terminale.

Qui sont les étudiants de classes préparatoires ? 
Jusqu’ici si près de 18% des élèves de terminale S demandaient une CPGE en premier vœu (77% souhaitant intégrer une CPGE scientifique), c’était le cas de seulement 8% des élèves de terminales ES et L. Et les élèves postulent d’autant plus qu’ils ont de bons résultats : la CPGE était jusqu’ici la formation la plus demandée en premier vœu chez les élèves dont la moyenne au baccalauréat est supérieure à 18, quelle que soit leur série.

Le genre a aussi une grande importance - en terminale S, un garçon avait 7 points de probabilité de plus qu’une fille de demander une CPGE en premier vœu – alors que la catégorie sociale joue moins : en 2019, près de 20 000 étudiants de CPGE ont intégré une grande école. Parmi eux, près de 29% de boursiers. C'est le reflet fidèle du taux de boursiers candidatant en classe préparatoire 

La question est également celle de la localisation. L’offre de CPGE n’est en effet pas identique sur tout le territoire : à Paris on compte deux élèves de terminale générale pour une place en CPGE quand ils sont 17 dans l’académie de Poitiers. Or deux-tiers des élèves ayant placé une CPGE en premier vœu postulent pour un établissement localisé dans l’académie de leur lycée d’origine. De plus les élèves étudiant dans les lycées qui proposent des classes préparatoires ont une probabilité plus grande de 4,5 points de demander une CPGE en premier vœu pour les lycéens en terminale scientifique.

Les spécificités de la classe préparatoire MP2I-MPI (Mathématiques, physique et informatique)

Face à la montée en puissance des écoles d'ingénieurs postbac les lycées ont décidé de réagie en créant cette nouvelle classe préparatoire largement axée sur l’informatique. Les bacheliers pourront y accéder dès 2021. Les programmes ne sont pas encore définis officiellement.
Comme dans les principales classes préparatoires scientifiques le choix de la spécialité Mathématiques s’impose en première comme en terminale. S’il paraît opportun d’opter ensuite pour la spécialité Numérique et Sciences informatiques elle n’est pas assez développée en France pour constituer une obligation.

En deuxième année les élèves peuvent intégrer des classes préparatoires :
  • MPI (créées en 2022) ;
  • MP (par le biais de passerelles encore à définir)
  • PSI

Postuler

Plus de 1 100 classes préparatoires sont ouvertes en France dans près de 450 lycées dont un peu plus de 80 privés. Différents palmarès (Le Figaro Etudiant, l’Etudiant, Challenges) établissent quels sont les lycées et les classes les plus adaptés pour chaque projet.

Ensuite Parcoursup est le canal incontournable pour postuler en classe préparatoire (hormis quelques classes préparatoires « hors contrat » avec l’Etat). 

Les CPGE sont regroupées à l’échelle nationale ce qui signifie que postuler un type de classe préparatoire correspond à un vœu et que chacun des établissements demandés ensuite est sous-vœu (10 sous-vœux sont possibles au maximum). De même postuler la même CPGE d’un même établissement avec et sans hébergement en internat vaut un seul sous-vœu. Il est donc possible de postuler jusqu’à vingt établissements différents avec seulement deux vœux. 

Comme pour la grande majorité des formations, l’admission se fait sur dossier. En se référant aux bulletins de première et de terminale comme la « fiche avenir », les lycées recherchent avant tout à recruter des élèves complets : pas question d’intégrer une très bonne prépa en privilégiant seulement les mathématiques et la physique au détriment de toutes les autres matières. De même, autant qu’aux notes c’est au classement de l’élève dans sa classe, à la valeur de la classe comme à celle du lycée que vont s’intéresser les classes préparatoires. Elles ont d’ailleurs été celles qui ont le plus milité pour que ces informations restent publiées sur Parcoursup alors que les noms des candidats ont pour leur part été anonymisés.

Quelles spécialités du bac général ?

Jusqu’à présent 93% des élèves de classes préparatoires scientifiques étaient issus d’un bac S et 6% d’un bac technologique (essentiellement STI2D). Pour les bacheliers généraux suivre la spécialité mathématiques - en première comme en terminale - est donc un pré-requis indispensable sous peine d’être noyés sous les rattrapages l’année suivante.

Ensuite le choix de la deuxième spécialité dépend de la classe préparatoire mais elle doit elle aussi être scientifique. Enfin l’option « mathématiques expertes » n’est jugée indispensable que pour entrer dans les meilleures classes préparatoires.

Quant à la troisième spécialité de première, son choix est totalement ouvert. Si une troisième spécialité scientifique peut être utile en première c’est essentiellement pour garder un choix plus ouvert en terminale. Si vous êtes sûr de votre choix de classe préparatoire toute autre spécialité peut être un bon choix pour montrer une certaine ouverture d’esprit.

NEWS - Pourquoi une nouvelle filière : les explications du président de l'Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques (UPS), Mickaël Prost

Une nouvelle classe préparatoire centrée sur l’informatique, la MP2I-MPI, voit le jour cette année. Mickaël Prost, président de l'Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques (UPS) et professeur de mathématiques en classe préparatoire au lycée Chaptal à paris, en explique les finalités.
 
Olivier Rollot : Une nouvelle classe préparatoire centrée sur l’informatique, la MP2I-MPI, voit le jour cette année. Pourquoi cette nouvelle classe préparatoire ?
Mickaël Prost : Il s’agit d’adapter nos structures à la réforme du bac général et à la création ex nihilo de la spécialité Numérique et sciences informatiques (NSI). Certes il y avait déjà une option dans l’ancien bac S mais, avec cette nouvelle spécialité, se sont pas moins de six heures de cours spécifiques qui sont proposées aux élèves de terminale. Or, même s’il existe un tronc commun en informatique dans l’ensemble des classe préparatoires scientifiques depuis 2013, ces filières ne nous permettaient pas de les recevoir pour leur permettre de poursuivre leur apprentissage de l’informatique. Un profil que recherchent les écoles d'ingénieurs.
 
O. R : La spécialité NSI reste rare dans les lycées. Faut-il absolument la choisir pour intégrer une classe préparatoire MP2I ? Et l’option Mathématiques expertes de terminale ?
M. P : Elle n’est effectivement présente que dans la moitié des lycées en première et beaucoup moins en terminale, avec une dure concurrence en sciences. En 2020 ce sont ainsi environ 9300 jeunes qui ont choisi une « doublette » Mathématiques/NSI en terminale. Si nous recommandons bien entendu le choix de la spécialité NSI, l’accès aux classes MP2I ne sera pas limité à ce seul profil de bacheliers.
Ce n’est pas non plus indispensable de prendre l’option Mathématiques expertes de 3 heures de terminale même s’il est intéressant de nourrir sa pratique mathématique et de s’aguerrir. Ne serait-ce que là non plus l’option n’est pas accessible partout.
 
O. R : Combien de lycées proposent cette année une MP2I sur Parcoursup ?
M. P : 26 classes ouvrent partout en France sauf en Bretagne-Normandie. Une classe est également présente outre-mer, en Guadeloupe.
 
O. R : Ces nouvelles classes ont-elles été créées pour entrer en concurrence avec les écoles d'ingénieurs postbac spécialisées en informatique ? On sait qu’elles ont connu une grande expansion ces dernières années.
M. P : Les classes préparatoires MP2I ne sont pas sur le même créneau que les école d'ingénieurs postbac en informatique comme l’Epita. L’enseignement dans nos classes est plus large et pluridisciplinaire. Nous délivrons 6 heures de cours d’informatique mais aussi 12 heures de mathématiques et 7 heures de physique. Nous ne voulons uniquement amener nos élèves dans des écoles spécialisées en informatique mais dans l’ensemble des écoles d’ingénieurs, à l’exception peut-être de quelques écoles aux besoins très spécifiques comme les écoles de chimie.
 
O. R : La création d’une nouvelle catégorie de classe préparatoire est un événement. Rappelez-nous : il y avait combien de temps qu’une nouvelle classe préparatoire n’avait pas été créée ? 
M. P : La dernière datait de 1995. Aujourd’hui nous proposons cinq filières de première année en sciences avec des colorations qui couvrent les cinq disciplines présentes au lycée.
 
O. R : Cette année la pandémie empêche que les spécialités du bac soient évaluées en mars comme c’était prévu. Comment allez-vous sélectionner les candidats ?
M. P : Le choix de positionner l’évaluation des spécialités en mars nous permettait d’avoir des résultats au moment de l’examen des dossiers. Mais une seule partie du programme était évaluée. Cette année nous allons donc fonctionner uniquement sur l’examen du dossier scolaire tel qu’il nous est communiqué sur Parcoursup. Et nous ne savons toujours pas quelles informations exactes nous serons communiquées. Pour une étude des candidatures la plus équitable et la plus objective possible dans l’intérêt des candidats, comme de nos classes, il importe de disposer d’indicateurs fiables. Nous souhaiterions notamment connaître le positionnement de l’élève dans son groupe de spécialité. Les notes sont un mauvais indicateur car trop relatif à chaque établissement. Si seuls trois élèves dans une même classe ont choisi une spécialité, comment détecter la capacité du troisième et dernier d’entre eux à réussir dans la filière demandée ?