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Pourquoi une nouvelle filière : les explications du président de l'Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques (UPS), Mickaël Prost

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Olivier Rollot
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Olivier Rollot : Une nouvelle classe préparatoire centrée sur l’informatique, la MP2I-MPI, voit le jour cette année. Pourquoi cette nouvelle classe préparatoire ?

Mickaël Prost : Il s’agit d’adapter nos structures à la réforme du bac général et à la création ex nihilo de la spécialité Numérique et sciences informatiques (NSI). Certes il y avait déjà une option dans l’ancien bac S mais, avec cette nouvelle spécialité, ne se sont pas moins de six heures de cours spécifiques qui sont proposées aux élèves de terminale. Or, même s’il existe un tronc commun en informatique dans l’ensemble des classes préparatoires scientifiques depuis 2013, ces filières ne nous permettaient pas de les recevoir pour leur permettre de poursuivre leur apprentissage de l’informatique. Un profil que recherchent les écoles d'ingénieurs.
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O. R : La spécialité NSI reste rare dans les lycées. Faut-il absolument la choisir pour intégrer une classe préparatoire MP2I ? Et l’option Mathématiques expertes de terminale ?

M. P : Elle n’est effectivement présente que dans la moitié des lycées en première et beaucoup moins en terminale, avec une dure concurrence en sciences. En 2020 ce sont ainsi environ 9300 jeunes qui ont choisi une « doublette » Mathématiques/NSI en terminale. Si nous recommandons bien entendu le choix de la spécialité NSI, l’accès aux classes MP2I ne sera pas limité à ce seul profil de bacheliers.
Ce n’est pas non plus indispensable de prendre l’option Mathématiques expertes de 3 heures de terminale même s’il est intéressant de nourrir sa pratique mathématique et de s’aguerrir. Ne serait-ce que là non plus l’option n’est pas accessible partout.

O. R : Combien de lycées proposent cette année une MP2I sur Parcoursup ?

M. P : 26 classes ouvrent partout en France sauf en Bretagne-Normandie. Une classe est également présente outre-mer, en Guadeloupe.

O. R : Ces nouvelles classes ont-elles été créées pour entrer en concurrence avec les écoles d'ingénieurs postbac spécialisées en informatique ? On sait qu’elles ont connu une grande expansion ces dernières années.

M. P : Les classes préparatoires MP2I ne sont pas sur le même créneau que les école d'ingénieurs postbac en informatique comme l’Epita. L’enseignement dans nos classes est plus large et pluridisciplinaire. Nous délivrons 6 heures de cours d’informatique mais aussi 12 heures de mathématiques et 7 heures de physique. Nous ne voulons uniquement amener nos élèves dans des écoles spécialisées en informatique mais dans l’ensemble des écoles d’ingénieurs, à l’exception peut-être de quelques écoles aux besoins très spécifiques comme les écoles de chimie.

"Cette année nous allons donc fonctionner uniquement sur l’examen du dossier scolaire"

O. R : La création d’une nouvelle catégorie de classe préparatoire est un événement. Rappelez-nous : il y avait combien de temps qu’une nouvelle classe préparatoire n’avait pas été créée ?

M. P : La dernière datait de 1995. Aujourd’hui nous proposons cinq filières de première année en sciences avec des colorations qui couvrent les cinq disciplines présentes au lycée.

O. R : Cette année la pandémie empêche que les spécialités du bac soient évaluées en mars comme c’était prévu. Comment allez-vous sélectionner les candidats ?

M. P : Le choix de positionner l’évaluation des spécialités en mars nous permettait d’avoir des résultats au moment de l’examen des dossiers. Mais une seule partie du programme était évaluée. Cette année nous allons donc fonctionner uniquement sur l’examen du dossier scolaire tel qu’il nous est communiqué sur Parcoursup. Et nous ne savons toujours pas quelles informations exactes nous serons communiquées. Pour une étude des candidatures la plus équitable et la plus objective possible dans l’intérêt des candidats, comme de nos classes, il importe de disposer d’indicateurs fiables. Nous souhaiterions notamment connaître le positionnement de l’élève dans son groupe de spécialité. Les notes sont un mauvais indicateur car trop relatif à chaque établissement. Si seuls trois élèves dans une même classe ont choisi une spécialité, comment détecter la capacité du troisième et dernier d’entre eux à réussir dans la filière demandée ?